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◇ · Arc I — Plantes · Pilier

Astragale · huáng qí, la racine jaune des steppes

Astragalus membranaceus, huang qi, la racine jaune des steppes de Mongolie et du nord de la Chine. Son nom expliqué par Li Shizhen, ses tranches couleur de beurre, et la marmite où elle mijote.

Le règne tranquille — racines, polypores, mycélium. La résilience du vivant prête au quotidien.

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L'astragale de la médecine chinoise, Astragalus membranaceus, est une légumineuse vivace des steppes et des collines sèches du nord de la Chine, de Mongolie et du sud de la Sibérie. Au-dessus du sol, une plante légère, haute d'un demi-mètre à un mètre, aux feuilles faites de nombreuses petites folioles et aux grappes de fleurs jaune pâle. Sous le sol, une longue racine droite qui plonge dans la terre sèche, brune dehors, jaune dedans.

L'aînée jaune

En chinois, on l'écrit 黃耆, aujourd'hui 黄芪 : huáng qí. Huang, c'est le jaune, la couleur de la racine coupée. Qi, dans sa graphie ancienne 耆, désigne l'aîné, le vieillard respecté, celui qui vient en premier.

C'est Li Shizhen qui explique le nom, en 1578, dans son Bencao Gangmu : la racine est jaune, et il la tenait pour l'aînée de toute sa catégorie de plantes, d'où huang qi, l'aînée jaune. Le Shennong Ben Cao Jing, compilé sous les Han, la rangeait déjà parmi ses plantes supérieures, shang pin, celles qu'on prend sur la durée.

Le latin raconte autre chose. Membranaceus veut dire membraneux : après la floraison, la plante porte des gousses gonflées, à la paroi fine comme du papier, qui sèchent au vent de la steppe. On la nomme aussi Astragalus mongholicus, l'astragale de Mongolie ; les flores hésitent entre une espèce et deux.

Une famille immense

Le genre Astragalus compte plusieurs milliers d'espèces sur tous les continents, qui ne se ressemblent pas toutes. En Amérique du Nord, certaines, les locoweeds, sont toxiques pour le bétail. Le huang qi de la tradition chinoise vient de la racine d'A. membranaceus et de son proche A. mongholicus.

La racine en tranches

La racine se récolte après plusieurs années de croissance. On la lave, on la sèche, puis on la coupe en longues tranches obliques, souples, fibreuses, couleur de beurre au centre, qui ressemblent à des abaisse-langue de bois clair. C'est sous cette forme qu'on la trouve dans les herboristeries chinoises, rangée en bottes ou en vrac dans les tiroirs.

Le goût est doux, à peine farineux, avec un fond de haricot sec : la légumineuse se reconnaît. La médecine chinoise classe sa saveur parmi les douces.

Presque tout le huang qi du commerce est aujourd'hui cultivé, en Mongolie-Intérieure, au Shanxi et au Gansu. La cueillette sauvage est devenue rare et restreinte par endroits.

Dans la marmite

En Chine, la racine d'astragale est d'abord une affaire de cuisine. Quelques tranches mijotent une à deux heures dans un bouillon de poulet, avec des dattes de jujubier, des baies de goji, un morceau de gingembre. Le bouillon prend une douceur ronde ; on mâche les tranches ou on les laisse au fond du bol. Le Sud de la Chine, Canton en tête, a fait de ces soupes longues un art de famille.

Dans les formules de la médecine chinoise, elle voyage en compagnie : avec l'angélique chinoise, dang gui ; avec la codonopsis ; avec la schisandra ; ou dans la yu ping feng san, la poudre du paravent de jade, qu'on compose de trois racines.

Les gestes de la racine

  • Au bouillon : une poignée de tranches dans la marmite, une à deux heures à petit feu, avec ce que la saison offre.
  • En décoction : quelques tranches dans un demi-litre à un litre d'eau, à frémissement doux une trentaine de minutes. Le liquide sort jaune pâle, doux comme une eau de cuisson de légumes.
  • Au riz : quelques tranches glissées dans la cuisson d'un congee, retirées au service.

L'astragale n'est pas au catalogue de la Maison. Nous la racontons pour elle-même, comme une racine que les cuisines chinoises connaissent bien, aux côtés du reishi des mêmes herbiers.

Précautions

  • Ne jamais cueillir soi-même un astragale sauvage : le genre compte des espèces toxiques.
  • Fièvre ou infection aiguë : la médecine chinoise elle-même l'écarte pendant ces épisodes.
  • Maladie auto-immune, greffe d'organe, traitement immunosuppresseur : à éviter sans avis médical.
  • Grossesse et allaitement : avis médical d'abord.
  • Traitements en cours (anticoagulants, lithium, antidiabétiques, traitements de la tension) : en parler à son médecin.

En cas de doute, ton médecin avant la plante.

— Questions fréquentes —
Que veut dire huang qi ?

Huang, le jaune ; qi, dans la graphie ancienne 耆, l'aîné, le vieillard respecté. Li Shizhen explique en 1578 que la racine est jaune et qu'il la tenait pour l'aînée de toute sa catégorie de plantes.

Astragale, astragalus, huang qi : est-ce la même plante ?

Astragalus est le nom latin d'un très grand genre de légumineuses. Le huang qi de la tradition chinoise désigne la racine d'Astragalus membranaceus, ou de sa forme mongholicus. Les autres astragales n'en font pas partie, et certaines sont toxiques.

Comment l'astragale se prépare-t-elle en Chine ?

Surtout en cuisine : quelques tranches mijotent une à deux heures dans un bouillon, avec des dattes de jujubier et des baies de goji. En décoction, quelques tranches frémissent une trentaine de minutes dans un demi-litre à un litre d'eau.

Quelles précautions avec l'astragale ?

Avis médical d'abord en cas de maladie auto-immune, de greffe, de traitement immunosuppresseur, de grossesse ou d'allaitement, et sous anticoagulants, lithium, antidiabétiques ou traitement de la tension. À écarter pendant une fièvre ou une infection aiguë. Ne jamais cueillir un astragale sauvage.

Sources

  • Shennong Ben Cao Jing, trad. Yang Shouzhong, The Divine Farmer's Materia Medica, Blue Poppy Press, 1998.
  • Li Shizhen, Bencao Gangmu (1578), trad. Compendium of Materia Medica, Foreign Languages Press, 2003.
  • Dan Bensky, Steven Clavey et Erich Stöger, Chinese Herbal Medicine: Materia Medica, Eastland Press, 3e éd., 2004.
  • Dan Bensky et Randall Barolet, Chinese Herbal Medicine: Formulas & Strategies, Eastland Press, 2e éd., 2009.

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