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◇ · Arc origines · Pilier

Éleuthérocoque, la plante des cosmonautes et de la taïga

Le buisson du diable de la taïga, ci wu jia des herbiers chinois, devenu dans les années 1960 la racine des pharmacologues de Vladivostok puis des cosmonautes. Son histoire, et notre racine en décoction.

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Eleutherococcus senticosus est un arbuste de la taïga d'Extrême-Orient, de la famille des Araliacées, celle du ginseng. Il pousse en fourrés serrés dans les forêts mixtes de l'Extrême-Orient russe, du nord-est de la Chine, de Corée et de l'île d'Hokkaido, et ses tiges sont si couvertes de fines aiguilles que les trappeurs l'ont surnommé le buisson du diable. Pour atteindre la racine, on traverse un mur d'épines.

Le nom comme signature

Eleutherococcus vient du grec eleútheros, libre, et kókkos, la graine ou la baie : la graine libre. Senticosus, en latin, veut dire épineux. La graine libre couverte d'épines.

En chinois, la plante s'appelle ci wu jia (刺五加). Ci est l'épine ; wu jia est le vieux nom chinois de ces arbustes aux feuilles à cinq folioles. Le Japon la nomme ezoukogi, l'ukogi d'Ezo, l'ancien nom d'Hokkaido. Le nom de ginseng sibérien est né à la fin des années 1960, quand la racine est arrivée sur le marché américain : même famille botanique que le ginseng asiatique, Panax ginseng, mais un genre distinct, et des éleuthérosides en place des ginsénosides.

Dans les herbiers chinois

Les herbiers chinois décrivent depuis l'Antiquité ces arbustes épineux sous le nom de wu jia, et le Shennong Ben Cao Jing, le classique attribué au Divin Cultivateur, les range parmi ses plantes supérieures, celles qu'on prend régulièrement. Dans la médecine chinoise ancienne, rapportent David Winston et Steven Maimes, on la buvait surtout en vin, macérée avec d'autres plantes : yuan zhi, racine de lycium, mu gua, niu xi.

Vladivostok, 1959

C'est au XXe siècle que la racine entre dans l'histoire moderne. En 1947, le pharmacologue soviétique Nikolaï Lazarev forge à Léningrad un mot nouveau : adaptogène. Avec le ginseng, l'éleuthérocoque est l'une des premières plantes que les savants soviétiques rangent sous ce mot.

À l'autre bout de l'Union soviétique, à Vladivostok, Israel Brekhman étudie d'abord le ginseng, rare et cher, puis se tourne vers ce buisson épineux qui pousse en abondance autour de lui. En 1959, il le propose comme une racine plus commune et moins coûteuse que le ginseng. En 1962, l'éleuthérocoque entre officiellement dans la pharmacopée de l'URSS. Une abondante littérature soviétique suit, publiée en russe et longtemps restée hors de portée des lecteurs occidentaux.

La plante des cosmonautes

Le programme soviétique la donne à des personnels choisis : athlètes, militaires, joueurs d'échecs. Les athlètes olympiques russes en reçoivent à la fin des années 1970, et en 1977 l'éleuthérocoque entre dans le programme spatial, pour les cosmonautes. De là son surnom, la plante des cosmonautes.

Et les chasseurs evenki ?

Les livres d'herboristerie occidentaux racontent que les chasseurs evenki et iakoutes mâchaient la racine séchée pendant les longues chasses d'hiver, et en préparaient des décoctions avant de partir. Le récit est beau. Nous ne l'avons pas retrouvé chez les ethnographes de la Sibérie. Les Evenki vivent bien, entre autres, dans le bassin de l'Amour, où pousse l'arbuste ; les Iakoutes vivent bien plus au nord, hors de son aire. Nous le transmettons donc comme ce qu'il est : une histoire qui accompagne la plante dans les livres, en attendant une source.

La racine de la Maison

Nous proposons l'éleuthérocoque sous une seule forme : la racine broyée, en 100 g et 200 g. Elle est sourcée en Chine et issue d'une filière certifiée biologique. La racine entière, sans extrait standardisé : la forme qu'on décocte depuis longtemps en Chine comme en Sibérie.

Le ginseng sibérien a une saveur subtile et terreuse : une amertume légère, une finale douce.

La décoction du matin

  • Pour un litre : 2 à 3 cuillères à soupe de racine broyée dans 1 litre d'eau. On porte à frémissement doux, on baisse le feu et on laisse 15 à 20 minutes à couvert. On filtre, et on boit chaud, en plusieurs tasses dans la journée, ou froid quand il fait chaud.
  • Pour une tasse : 1 à 2 cuillères à café de racine pour 250 ml d'eau, même frémissement.
  • Les racines se réutilisent une ou deux fois.

On la boit le matin ou en début d'après-midi, sur sept à vingt-et-un jours, puis on fait une pause d'une à deux semaines avant d'y revenir. La tradition russe connaît ce cycle court ; on lit aussi, chez les herboristes d'aujourd'hui, des cycles de huit à dix semaines suivis de deux semaines de pause. Elle se décocte volontiers avec d'autres racines et champignons : la rhodiola, le chaga ou le reishi frémissent dans la même casserole.

Précautions

  • Hypertension : l'éleuthérocoque peut élever la tension chez certaines personnes. En cas d'hypertension, en parler à son médecin avant usage.
  • Maladies cardiovasculaires (troubles du rythme, coronaropathie) : avis médical d'abord.
  • Maladie auto-immune active, ou traitement immunosuppresseur : avis médical d'abord.
  • Traitements en cours : prudence avec les anticoagulants, la digoxine, les antidiabétiques oraux, les corticoïdes et le lithium ; en parler à son médecin avant de commencer.
  • Troubles du sommeil (apnée du sommeil, narcolepsie) et troubles psychiatriques (manie, schizophrénie) : à éviter sans avis médical.
  • Grossesse et allaitement : à éviter, faute de données.
  • Une prise en fin de journée peut gêner le sommeil des personnes sensibles : le matin et le début d'après-midi lui conviennent mieux.

En cas de doute, ton médecin avant la plante.

Rencontrer l'éleuthérocoque

La racine broyée d'Eleutherococcus senticosus, sourcée en Chine, issue d'une filière certifiée biologique, en 100 g et 200 g. À préparer en décoction, le matin.

Découvrir l'éleuthérocoque INFUSE →
— Questions fréquentes —
Le ginseng sibérien est-il un vrai ginseng ?

Non. Le nom est né de sa mise sur le marché américain à la fin des années 1960. L'éleuthérocoque appartient à la même famille que le ginseng asiatique, les Araliacées, mais à un genre distinct : il porte des éleuthérosides, le ginseng des ginsénosides. Le nom chinois, ci wu jia, l'arbuste épineux aux cinq folioles, lui est plus fidèle.

Pourquoi l'appelle-t-on la plante des cosmonautes ?

Parce que le programme spatial soviétique l'a fait entrer, en 1977, dans ce que recevaient ses cosmonautes, après près de vingt ans de travaux d'Israel Brekhman à Vladivostok.

Comment préparer la racine d'éleuthérocoque ?

En décoction : 2 à 3 cuillères à soupe de racine broyée pour un litre d'eau, à frémissement doux 15 à 20 minutes à couvert, puis on filtre. Pour une tasse, 1 à 2 cuillères à café pour 250 ml. Les racines se réutilisent une ou deux fois.

Combien de temps la boire ?

Sur sept à vingt-et-un jours, puis une pause d'une à deux semaines. On lit aussi des cycles plus longs, de huit à dix semaines suivis de deux semaines de pause.

Quelles précautions avec l'éleuthérocoque ?

Avis médical d'abord en cas d'hypertension, de maladie cardiovasculaire, de maladie auto-immune, de trouble psychiatrique ou de trouble du sommeil, et sous anticoagulants, digoxine, antidiabétiques oraux, corticoïdes, lithium ou immunosuppresseurs. À éviter pendant la grossesse et l'allaitement. On la boit le matin ou en début d'après-midi.

Sources

  • David Winston et Steven Maimes, Adaptogens, Healing Arts Press, 2007 : histoire chinoise et soviétique, 1959, 1977.
  • Israel I. Brekhman, Man and Biologically Active Substances, Pergamon Press, 1980.
  • European Medicines Agency (EMA), monographie communautaire Eleutherococcus senticosus (Rupr. et Maxim.) Maxim., radix.
  • J. Gerontakos et al., revue de la littérature russe sur Eleutherococcus senticosus, Journal of Ethnopharmacology, 2021 (PMID 34087398) : entrée dans la pharmacopée de l'URSS en 1962.
  • Fiche technique de notre fournisseur : origine et certification de la racine.
Pour aller plus loin.
Eleutherococcus5,0(2)dès 9,00 €Voir →
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