

Palo Santo
3,00 €
Le riz au lait que l'Inde laisse sous la pleine lune d'automne, les boulettes de riz du *tsukimi* japonais, les jours d'*uposatha* des moines, le gui que les druides coupaient au sixième jour de la lune : les rituels de lune du monde, leurs plantes, et ce que les études disent du sommeil.
Partout, on a compté le temps à la lune et on lui a donné des nuits.
Sept plantes du rêve, assemblées une fois, dans la même bouteille, sous la pleine lune de juin 2025. INFUSE l'a macéré deux mois dans une eau-de-vie de pomme artisanale, en Bretagne, avec les prières aux traditions d'où chaque plante vient.
Le riz au lait que l'Inde laisse sous la pleine lune d'automne, les boulettes de riz du *tsukimi* japonais, les jours d'*uposatha* des moines, le gui que les druides coupaient au sixième jour de la lune : les rituels de lune du monde, leurs plantes, et ce que les études disent du sommeil.

Fenêtre entrouverte, un bâton de palo santo ou de sauge blanche, ou une pincée d'armoise sur un charbon. On souffle la flamme, la braise fume, et on passe de pièce en pièce.

Un bain de plantes, ou une bassine d'eau tiède qu'on se verse sur le corps : quelques roses, une poignée de camomille, quelques gouttes d'Agua de Florida.

Une infusion du soir, camomille, lavande ou passiflore, bue à la fenêtre pendant que la lune monte.

Au chevet, un carnet. Le matin, ce qui reste de la nuit : une image, un mot. D'une pleine lune à la suivante, il garde la trace des rêves.
La pleine lune, c'est la nuit où la lune se lève au coucher du soleil et éclaire jusqu'à l'aube. La nouvelle lune, la lune noire, c'est la nuit sans elle, d'où repart le mois. Beaucoup de calendriers suivent la lune : le calendrier chinois, le calendrier hindou, le calendrier hébraïque, le calendrier musulman. Les fêtes, les jeûnes, les veillées et les cueillettes s'y accrochent.
Aujourd'hui, le mot « rituel de pleine lune » désigne aussi ce qu'on fait chez soi, simplement : une fumée, une eau, une intention, un carnet. Il vient en partie de la Wicca et du paganisme contemporain, où l'esbat réunit le cercle une fois par mois, à la pleine ou à la nouvelle lune. L'anthropologue Margaret Murray avait repris ce mot au XXe siècle dans les procès de sorcellerie français ; il vient de l'ancien français s'esbattre, s'amuser, s'ébattre.
Celles dont l'histoire est écrite, avec la source de chaque récit :
| Nuit | Où et quand | Ce qu'on y fait | Chez INFUSE |
|---|---|---|---|
| Fête de la mi-automne, 中秋节 | Chine, 15e jour du 8e mois lunaire | on partage les gâteaux de lune, on porte des lanternes, on raconte Chang'e, qui avala l'élixir d'immortalité et monta dans la lune, où vit le lapin de jade ; on boit le vin d'osmanthe | — |
| Tsukimi, 月見 | Japon, 15e nuit du 8e mois (jūgoya), depuis l'époque de Heian | regarder la lune d'automne ; on lui offre des boulettes de riz blanc, les tsukimi dango, et des tiges d'herbe de la pampa japonaise, la susuki | — |
| Sharad Purnima | Inde, pleine lune du mois d'Ashvin (septembre-octobre) | un riz au lait, le kheer, passe la nuit dehors sous la lune : on dit que ses rayons portent l'amrita, le nectar d'immortalité ; au Bengale, on veille pour Lakshmi | — |
| Guru Purnima | Inde et Népal, pleine lune d'Ashadha (juin-juillet) | on honore ses maîtres ; c'est l'anniversaire de Vyasa, et pour les bouddhistes le jour du premier sermon du Bouddha à Sarnath | — |
| Tulsi Vivah | Inde, entre Prabodhini Ekadashi et la pleine lune de Kartika | le mariage du tulsi, le basilic sacré, avec Vishnu | tulsi |
| Uposatha et poya | Pays du bouddhisme theravada ; au Sri Lanka, chaque pleine lune est un jour de poya | à la nouvelle et à la pleine lune, les moines récitent le Patimokkha ; les laïcs gardent les huit préceptes | — |
| Le gui du sixième jour | Gaule, Ier siècle, selon Pline l'Ancien | les druides coupaient le gui du chêne « surtout au sixième jour de la lune », avec une faucille d'or, et le recueillaient dans un manteau blanc | — |
| Esbat | Wicca et paganisme contemporain, XXe siècle | la réunion mensuelle du cercle, à la pleine ou à la nouvelle lune | fumées et eaux de cette page |
La lune noire ouvre le mois. Dans le judaïsme, Rosh Hodesh, la tête du mois, se fête à la nouvelle lune, et le Talmud la donne comme un jour où les femmes ne travaillent pas. Le Nouvel An chinois tombe sur une nouvelle lune, Diwali sur la nouvelle lune du mois de Kartika, et dans l'islam, c'est l'apparition du premier croissant qui ouvre le mois du ramadan.
Pour nos racines ubulawu, la recette de la Maison suit ce rythme : 3 à 7 jours, idéalement pendant les jours de pleine lune ou de nouvelle lune. Chez les Xhosa, Hirst décrit des novices qui boivent la mousse de l'Undlela Ziimlophe à jeun, trois jours à la pleine lune, pour renforcer le rêve (Hirst, 2005).
Celles que nous proposons, et la place que chacune prend dans la nuit :
La nuit sans lune se prête aux commencements. Une pièce dans le noir, une bougie, une pincée d'armoise ou d'imphepho sur le charbon. Sur une page, ce qu'on souhaite voir pousser pendant le mois ; la page reste dans le carnet jusqu'à la pleine lune, et l'on y revient ce soir-là. Une tasse de camomille pour finir, et le carnet au chevet.
En 2013, à Bâle, Christian Cajochen et son équipe ont relu après coup les nuits de 33 volontaires dormant en laboratoire, sans fenêtre ni repère de l'heure. Autour de la pleine lune, l'activité du sommeil profond baissait de 30 %, l'endormissement prenait 5 minutes de plus, la nuit durait 20 minutes de moins, et la mélatonine était plus basse.
L'année suivante, une équipe de Munich a cherché le même effet dans de grandes bases de nuits de sommeil, sans le retrouver ; elle a aussi recensé des analyses non publiées portant sur plus de 20 000 nuits, sans effet de la lune (Cordi et al., 2014).
En 2021, Leandro Casiraghi et Horacio de la Iglesia ont suivi au poignet 98 personnes de trois communautés toba-qom d'Argentine, avec et sans électricité, et 464 étudiants de Seattle. Selon la communauté, la durée du sommeil variait de 46 à 58 minutes au fil du cycle, et l'heure du coucher d'une trentaine de minutes : les nuits les plus courtes tombaient trois à cinq jours avant la pleine lune, quand la lune éclaire déjà les premières heures de la nuit. L'effet était plus net sans électricité, et présent en ville.
Le tableau reste discuté, et les écarts mesurés se comptent en minutes. La lumière du soir y tient sa part : des rideaux épais, une chambre fraîche, et la tasse du soir qui accompagne le coucher.
Laisser un bocal d'eau dehors, ou sur un rebord de fenêtre, une nuit de pleine lune, puis s'en servir le lendemain pour un bain, pour arroser, pour un autel : c'est l'eau de lune, une pratique du paganisme et de la spiritualité d'aujourd'hui. Le Sharad Purnima indien fait de même avec un riz au lait. Pour la boire, un bocal propre et fermé.
La fumée irrite les voies respiratoires : fenêtre ouverte, puis un long courant d'air ; jamais dans la chambre d'un nourrisson, et sans les animaux, les oiseaux surtout. En cas d'asthme ou d'allergie aux astéracées (armoise, imphepho, camomille), on s'abstient. La braise reste sous surveillance, loin des rideaux. L'Agua de Florida contient de l'alcool : loin d'une flamme et des yeux. Grossesse et allaitement : pas d'armoise ni de racines ubulawu. Sous traitement, un avis médical avant toute plante du soir ou du rêve.
Chaque tradition a les siens : le gâteau de lune et les lanternes de la mi-automne chinoise, le tsukimi japonais, le riz au lait laissé sous la lune de la Sharad Purnima, les jours d'uposatha des moines bouddhistes, l'esbat de la Wicca. Chez soi, le rituel tient souvent en quatre gestes : une fumée, une eau, une tasse, un carnet.
Une bougie, une pincée d'armoise ou d'imphepho sur le charbon, et sur une page ce qu'on souhaite voir pousser pendant le mois. La page attend dans le carnet jusqu'à la pleine lune, et l'on y revient ce soir-là.
Sur les océans, la lune fait les marées, et les plus fortes, les vives-eaux, suivent la pleine et la nouvelle lune. Sur un verre d'eau, la science ne mesure aucun effet. L'eau de lune, laissée dehors une nuit de pleine lune pour un bain ou un autel, vient de la spiritualité d'aujourd'hui.
Les études divergent. En laboratoire, à Bâle, la nuit durait 20 minutes de moins autour de la pleine lune (Cajochen, 2013) ; en 2021, des mesures au poignet ont trouvé un coucher plus tardif et un sommeil plus court trois à cinq nuits avant la pleine lune, quand la lune éclaire le début de la nuit (Casiraghi, 2021). D'autres grandes séries ne trouvent rien (Cordi, 2014).
Des rideaux épais ou un masque, une chambre fraîche, et une tasse du soir : camomille noble, lavande ou passiflore. Toutes les recettes : plantes pour mieux dormir.
Oui. Certains textes anciens en font des jours de retenue : les lois de Manu (IV, 128) demandent la chasteté à la nouvelle lune, au huitième jour, à la pleine lune et au quatorzième jour ; le bouddhisme theravada en fait un des huit préceptes des jours d'uposatha. Ce sont des règles de tradition, suivies par celles et ceux qui les choisissent.
Pour la fumée, le palo santo, la sauge blanche, l'armoise et l'imphepho. Pour l'eau, l'Agua de Florida et les fleurs du bain de plantes. Pour la nuit, les lys d'eau, qui s'ouvrent dans l'eau chaude, et le Dream Elixir, assemblé sous la pleine lune de juin 2025.
Pline l'Ancien raconte que les druides coupaient le gui au sixième jour de la lune. L'Europe paysanne a gardé d'autres nuits de cueillette, la plus connue étant celle du solstice : les herbes de la Saint-Jean.
Demande à la Forêt : éthique d'une plante, dose, lignée, synergie. Elle partage ce que les peuples ont transmis et ce que les livres ont écrit.