

Lavande
7,00 €
Le banho de ervas des terreiros brésiliens, le banho de cheiro que les erveiras de Belém vendent pour la Saint-Jean, l'acore du 5 mai au Japon : les bains de plantes du monde, chacun avec sa source, et les fleurs de la maison qui y entrent.
Au Brésil, on l'appelle banho ; au Japon, yakutō, le bain de remède.
Symbole de la royauté du cœur, la Rose est une fleur magnifique à rencontrer, et à utiliser en synergie. Dans le bain, quelques fleurs dans l'eau, pour une expérience divine. Boutons de Rosa damascena cultivés bio au Maroc, pétales sauvages cueillis en Inde.
Le banho de ervas des terreiros brésiliens, le banho de cheiro que les erveiras de Belém vendent pour la Saint-Jean, l'acore du 5 mai au Japon : les bains de plantes du monde, chacun avec sa source, et les fleurs de la maison qui y entrent.

Une poignée de plantes dans un litre d'eau frémissante, à couvert, dix minutes. On filtre : c'est cette eau parfumée qu'on verse dans la baignoire ou dans une bassine.

Le bain se prend tiède. Au Brésil, on verse souvent le banho sur soi à la bassine, après la douche, du cou vers le bas.

La camomille, la rose et le lotus peuvent aussi flotter telles quelles dans l'eau : une poignée de camomille pour laver la colère du jour, une rose pour une expérience divine, un lotus pour une expérience sensuelle.

Beaucoup de maisons, au Brésil, laissent l'eau du banho sécher sur la peau, sans serviette. On garde le parfum jusqu'au coucher.
Un bain de plantes, c'est de l'eau où l'on a fait infuser des fleurs, des feuilles ou des écorces, versée sur le corps ou dans la baignoire. Les traditions lui donnent un moment et une intention : la veille d'une fête, la fin d'une année, une prière, un deuil à déposer. On l'appelle bain rituel, bain de purification, et au Brésil, tout simplement, banho.
Dans l'umbanda, le banho de ervas fait partie de la vie du terreiro et déborde largement dans la vie de tous les jours. Le plus connu est le banho de descarrego, le bain de décharge, qu'on se verse du cou vers le bas : beaucoup de terreiros gardent la tête, l'ori, pour des soins à part. Viennent ensuite les bains d'intention : banho para abrir caminhos, que la tradition prend avant un départ, un nouveau travail, une année qui commence ; banho de prosperidade ; banho para atrair amor, souvent fait de roses. La tradition dit que ces bains ouvrent les chemins ; chaque maison a sa recette et sa manière de le dire.
Dans le candomblé, la feuille porte l'axé, la force vitale. Un proverbe yoruba le résume, répété dans les maisons de candomblé : Kò sí ewé, kò sí òrìṣà : « sans feuille, il n'y a pas d'orixá ». Les feuilles appartiennent à Ossaim, l'orixá des plantes, et leurs bains ont un nom : l'abô, une infusion de feuilles consacrées. Pierre Verger a consacré un livre entier à cette science des feuilles, Ewé (1995).
Au Brésil encore, la benzedeira, celle qui bénit, prie un brin de rue, de guiné ou de romarin à la main, et prescrit souvent, en plus de la tisane, un bain. À Juruena, dans le Mato Grosso, les benzedeiras rencontrées par Maciel et Guarim Neto (2006) « bénissent, préparent et prescrivent des tisanes, des garrafadas, des bains spéciaux et des onguents ».
En Amazonie, à Belém du Pará, les erveiras du marché Ver-o-Peso râpent des feuilles, des racines et des écorces parfumées : patchouli, priprioca, cumaru, romarin, lavande, jasmin, basilic, vanille. C'est le banho de cheiro, le bain de parfum, qu'on prend pour les fêtes de la Saint-Jean, pour le Círio de Nazaré et la veille du Nouvel An. On le prend souvent après un premier bain de décharge. La recette se transmet de mère en fille.
La nuit de la Saint-Jean et son eau de fleurs, d'Italie en Galice : herbes de la Saint-Jean.
Ceux dont l'histoire est écrite, avec la source de chaque récit :
| Bain | Où et quand | Ce qu'on en raconte | Chez INFUSE |
|---|---|---|---|
| Banho de descarrego | Brésil, umbanda | le bain qui décharge ce qui pèse ; versé du cou vers le bas | la rue et le guiné ne sont pas vendus |
| Banho para abrir caminhos | Brésil, umbanda | la tradition dit qu'il ouvre les chemins, avant un départ ou un travail | recettes propres à chaque maison |
| Abô | Brésil, candomblé | l'infusion de feuilles consacrées, sous la garde d'Ossaim (Verger, 1995) | non vendu |
| Banho de cheiro | Belém, Pará : Saint-Jean, Círio de Nazaré, Nouvel An | feuilles et racines parfumées râpées par les erveiras du Ver-o-Peso | lavande, dans la recette |
| Baño de florecimiento | Pérou et Bolivie, au Nouvel An | le bain de floraison des guérisseurs andins, aux fleurs jaunes, pour que l'année fleurisse | — |
| Acqua di San Giovanni | Italie, nuit du 23 juin | fleurs et herbes laissées dehors dans une bassine ; au matin, on s'y lave le visage | lavande |
| Shōbu-yu, 菖蒲湯 | Japon, 5 mai | les feuilles d'acore odorant (Acorus calamus) écartent le mauvais ; la coutume est notée à la cour en 1533 | non vendu |
| Bania d'Agraféna | Nord de la Russie, veille d'Ivan Koupala | on chauffe l'étuve et l'on s'y lave avec les herbes cueillies le jour même | armoise, herbe de la Saint-Jean |
| Bain de fleurs de foin | Allemagne, XIXe siècle | le Heublumenbad que Sebastian Kneipp employait pour détendre le corps | non vendu |
Deux à trois cuillères à soupe de plantes sèches, ou une poignée de fleurs, pour un litre d'eau. On verse l'eau frémissante, on couvre, on laisse infuser dix minutes, on filtre. L'infusion se verse dans une baignoire d'eau tiède, ou dans une bassine qu'on se verse sur le corps après la douche. Pour l'Agua de Florida, quelques gouttes dans l'eau suffisent.
La tradition aime les moments : beaucoup de banhos se prennent le soir, certains à une lune précise ou la veille d'une fête. Une fois le bain fini, les plantes retournent à la terre, au pied d'un arbre ou au jardin.
Le bain de pleine lune et les autres rites de la lune, tradition par tradition : rituel de pleine lune et de nouvelle lune.
Une eau tiède, jamais brûlante. Un premier essai sur un coin de peau, surtout pour les peaux sensibles et en cas d'allergie aux Astéracées (camomille, armoise). Grossesse : on s'abstient de l'armoise, et de la rue. La rue, arruda, rend la peau sensible au soleil : après un bain de rue, la peau exposée peut brûler. Cannelle, girofle, piment et huiles essentielles irritent la peau ; une huile essentielle ne se verse jamais pure dans le bain. La comigo-ninguém-pode des vases de protection est toxique et ne va jamais dans l'eau. L'Agua de Florida contient de l'alcool : quelques gouttes seulement, loin des yeux et d'une flamme. Pour un bébé ou un jeune enfant, l'avis d'un pédiatre d'abord.
Deux à trois cuillères à soupe de plantes sèches pour un litre d'eau frémissante, dix minutes à couvert, puis on filtre. L'infusion se verse dans un bain tiède, ou dans une bassine qu'on se verse sur le corps après la douche. Les fleurs entières, rose, lotus, camomille, peuvent aussi flotter telles quelles dans l'eau.
Chaque tradition a les siennes. Au Brésil : la lavande (alfazema), la rose, la camomille, le romarin, le basilic, la rue et le guiné. Au Japon : l'acore le 5 mai, le yuzu au solstice d'hiver, l'armoise. Chez nous, la rose, la lavande, la camomille noble, les lotus et l'armoise.
Un bain qui marque un passage : laver une année, une fatigue, une journée lourde. Au Brésil, c'est le banho de descarrego, versé du cou vers le bas ; dans les Andes, le baño de florecimiento du Nouvel An ; au Japon, le bain d'acore du 5 mai.
Le bain de plantes brésilien : une infusion de feuilles et de fleurs qu'on se verse sur le corps, issue de l'umbanda, du candomblé et des savoirs des benzedeiras. Chaque banho a son intention : décharger, ouvrir les chemins, attirer l'amour. La tradition le raconte ainsi, et chaque maison a sa recette.
Au Brésil, la tradition verse la rue, le guiné, le romarin et le gros sel ; au Japon, l'acore ; dans les Andes, des fleurs et quelques gouttes d'Agua de Florida. Ce sont des gestes de tradition, transmis comme tels.
Un bain tiède de rose ou de camomille se prend avec douceur. L'armoise et la rue s'évitent pendant la grossesse, comme les huiles essentielles ; en cas de doute, l'avis de la sage-femme ou du médecin d'abord.
Demande à la Forêt : éthique d'une plante, dose, lignée, synergie. Elle partage ce que les peuples ont transmis et ce que les livres ont écrit.