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Calea zacatechichi (Calea ternifolia) : l'herbe des rêves des Chontal

La Calea zacatechichi (Calea ternifolia) est une plante amère du Mexique et d'Amérique centrale, de la famille des Asteraceae. Les Chontal d'Oaxaca la fument, la boivent en infusion et la glissent sous l'oreiller pour recevoir des messages en rêve. En 1986, un essai en double aveugle a relevé davantage de récits de rêve que sous placebo.

Calea ZacatechichiLa plante de cet articleCalea Zacatechichi · Calea ternifolia4,8(280)dès 7,20 €Voir →

Le dernier territoire souverain. On y entre par les plantes, par le silence, par le retour aux songes des anciens.

⊹ Le Sentier du Rêve · 5/48 · MargeLes meilleures plantes pour le rêve lucide — le guide, plante par plante →
Fiche d'identité
RepèreCe que l'on sait
Nom acceptéCalea ternifolia Kunth ; Calea zacatechichi Schltdl. en est un synonyme
FamilleAsteraceae, celle de la camomille et de la marguerite
Nomszacatechichi (nahuatl, « herbe amère ») ; thle-pela-kano (chontal, « feuille de Dieu ») ; thlepatli ; herbe à rêve ; hierba de los sueños ; dream herb ; Mexican dream herb ; bitter grass
AireMexique et Amérique centrale
Parties utiliséesfeuilles et tiges fines, séchées
Peuple du rêveles Chontal d'Oaxaca, au sud du Mexique
Goûttrès amer, herbacé
Étude chez l'humainMayagoitia, Díaz et Contreras, 1986 : double aveugle, contre placebo et contre diazépam
Chez INFUSEfeuilles entières de cueillette sauvage, région de Puebla (Mexique) ; élixir
Sources : Díaz (1979), Mayagoitia et al. (1986), fiche produit INFUSE.

Qu'est-ce que la Calea zacatechichi ?

La Calea zacatechichi est un arbuste de la famille des Asteraceae, originaire du Mexique et d'Amérique centrale, dont les feuilles très amères servent à rêver. Son nom botanique accepté est Calea ternifolia Kunth ; Calea zacatechichi Schltdl. en est un synonyme, que le commerce et l'ethnobotanique emploient toujours. L'épithète ternifolia veut dire « aux feuilles par trois ».

En anglais, on l'appelle dream herb, l'herbe à rêve, au singulier. INFUSE la propose sur la fiche Calea zacatechichi.

Que veut dire thle-pela-kano, la feuille de Dieu ?

Thle-pela-kano est le nom chontal de la plante, rapporté par le chercheur mexicain José Luis Díaz dans les années 1970 : « la feuille de Dieu ». Son nom nahuatl, zacatechichi, assemble zacatl, l'herbe, et chichic, amer : l'herbe amère. L'un dit d'où vient le message, l'autre ce qu'on traverse pour le recevoir.

Le nahuatl, langue des Nahuas et des Mexica, montre qu'on la connaissait au-delà du pays chontal. Le commerce l'appelle aussi Aztec dream herb, « l'herbe à rêve aztèque » ; son usage pour rêver est documenté chez les Chontal.

Qui utilise la Calea pour rêver, et comment ?

Les Chontal d'Oaxaca s'en servent pour recevoir en rêve des messages divinatoires : retrouver la cause d'une maladie, une personne lointaine ou perdue (Díaz, 1979 ; Mayagoitia et al., 1986). Les feuilles séchées sont fumées, bues en infusion et placées sous l'oreiller avant de dormir (Díaz, 1979). Les proportions ne sont pas écrites : elles restent à ceux qui préparent.

Les Chontal d'Oaxaca parlent des langues tequistlatèques, une petite famille propre à leur région de la Sierra Sur et de la côte. Dans les années 1960, Thomas MacDougall, qui a parcouru ces montagnes pendant des décennies, a signalé cet usage aux botanistes ; Richard Evans Schultes, de Harvard, et Albert Hofmann ont ensuite fait entrer la Calea dans Plants of the Gods. D'autres peuples d'Oaxaca, dont les Mixe et les Zoque-Popoluca, sont parfois cités : nous n'en avons pas trouvé la trace écrite.

Dormir pour savoir est une pratique très ancienne. Les Grecs passaient la nuit dans les sanctuaires d'Asclépios, à Épidaure, pour recevoir en rêve leur remède : on appelait cela l'incubation. Des rêves-oracles sont aussi connus en Mésopotamie et dans des temples bouddhistes du Japon. En Afrique australe, les devins xhosa boivent la mousse de l'Undlela Ziimlophe pour renforcer leurs rêves. La Calea appartient à cette famille de plantes qu'on interroge la nuit, et son usage est encore vivant.

Que dit la science des effets de la Calea sur le rêve ?

Une seule étude chez l'humain mesure le rêve : en 1986, des volontaires ont rapporté plus de rêves sous Calea que sous placebo et que sous diazépam. Lilian Mayagoitia, José Luis Díaz et C. M. Contreras ont d'abord observé chez le chat, à l'électroencéphalogramme (EEG), une somnolence et un sommeil léger, puis, à forte dose, salivation, troubles de l'équilibre et vomissements. Chez des volontaires sains, en double aveugle, l'extrait allongeait le temps de réaction et modifiait l'estimation du temps qui passe.

Pendant une sieste contrôlée, le sommeil léger et les éveils brefs augmentaient, et les récits de rêve étaient significativement plus nombreux. Les auteurs y voient une imagerie hypnagogique, ces images qui naissent au bord du sommeil (Journal of Ethnopharmacology 18:229-243). Le nombre de volontaires ne figure pas dans le résumé publié.

Chez l'animal, les travaux récents ouvrent des pistes sans rien prouver pour l'humain. Chez des rongeurs, un extrait augmente l'activité de l'hippocampe pendant le sommeil paradoxal, celui des rêves (Martínez-Mota et al., 2021). Chez la souris, il atténue la douleur sans effet net sur l'anxiété (Sałaga et al., 2016).

Le mécanisme reste inconnu. La plante contient des sesquiterpènes typiques des Asteraceae, les caléicines, les caléochromènes et des germacranolides, ainsi qu'une flavone, l'acacétine ; aucun de ces composés n'a été relié au rêve. Le titre même de l'étude de 1986 parle d'une plante « réputée onirogène ».

Calea, Undlela, Entada, armoise : quelle différence ?

La Calea est la plante du soir et de la question posée.

Les plantes du rêve, côte à côte
PlantePeuple, traditionPréparationCe qui est documenté
Calea (Calea ternifolia)Chontal d'Oaxaca, Mexiqueinfusion amère, fumée, feuilles sous l'oreiller, le soirun essai chez l'humain (1986)
Undlela Ziimlophe (Silene undulata)devins xhosa, Afrique du Sudracine battue en mousse, bue à jeun le matin, trois jours à la pleine luneethnographie (Hirst, 2005)
Entada (Entada rheedei)devins d'Afrique du Sudgraine portée, pipe taillée dans la grainedeux mentions (Sobiecki, 2008)
Armoise (Artemisia vulgaris)Europetisane légère, coussin près de l'oreillercoussin à rêves : tradition récente
Sinicuichi (Heimia salicifolia)Mexiquefeuilles fermentées au soleilréputation, effet non démontré
Yauhtli (Tagetes lucida)Aztèques, Huicholfumée, tisaneencens et visions (Aztèques, Huichol)
Bobinsana (Calliandra angustifolia)Amazonie, dietatisaneplante-maîtresse de la dieta (Luna, 1984)
Sources : Díaz (1979), Hirst (2005), Sobiecki (2008), Malone et Rother (1994), Siegel et al. (1977), Luna (1984).

L'Undlela Ziimlophe se boit le matin et travaille la nuit suivante ; la Calea se prend le soir, avec une question. Nos rêveurs associent souvent Calea et armoise (mugwort).

Comment la Calea se prépare-t-elle ?

Traditionnellement, la Calea se fume, se boit en infusion et se glisse sous l'oreiller, le soir (Díaz, 1979). À la Maison, la recette tient en peu de mots : une petite pincée de feuilles en infusion le soir, bue lentement, car elle est très amère et un peu suffit ; en élixir, une teinture, 3 à 5 gouttes au coucher ; en fumée, roulée avec une base douce. Un peu de miel, de citron ou de menthe adoucit l'amertume, et la poudre en gélules évite le goût. 3 à 5 nuits de suite, puis une pause : elle offre des rêves spectaculaires et mémorables dès les premiers jours d'usage. Quantités et formats : voir la fiche Calea zacatechichi.

Autour d'elle, à la Maison :

  • Une question, la veille, simple et personnelle, écrite ou dite avant de dormir.
  • Un carnet près du lit : au réveil, avant de bouger, quelques mots, une image.
  • Pour qui cherche la lucidité : un réveil au milieu de la nuit, quelques minutes éveillé·e avec l'intention de reconnaître le rêve, puis le retour au sommeil (la méthode que l'anglais appelle wake back to bed, WBTB, souvent associée aux techniques MILD ou WILD).

La Calea est-elle dangereuse ?

Les données de sécurité chez l'humain sont presque inexistantes, et des études animales et cellulaires signalent une toxicité à forte dose : la Calea se prend en petite quantité, par cycles de quelques nuits. Chez le rat, un extrait aqueux a fait baisser les plaquettes et les globules blancs et monter des enzymes du foie (González-Yáñez et al., 2019). En laboratoire, la plante s'est montrée toxique pour des cellules rénales humaines (Mossoba et al., 2016) et pour des cellules de soutien du système nerveux (Garcia et al., 2025).

  • Grossesse et allaitement : on s'abstient, faute de données.
  • Traitement en cours (antidépresseurs ISRS, IMAO ou tricycliques, anxiolytiques, somnifères) : un avis médical avant la plante.
  • Allergie aux Asteraceae (camomille, échinacée, marguerite, ambroisie, achillée) : prudence.
  • Conduite : pas après une prise, ni le matin si la nuit laisse une sensation cotonneuse.
  • Fragilité psychique : les plantes du rêve se tiennent loin de ces périodes.
  • La loi : la Calea est en vente libre en France. Vérifiez la législation de votre pays.

La Calea s'emploie pour rêver ; elle ne remplace aucun traitement du sommeil.

Que dit-on de la Calea ?

Les Chontal, et celles et ceux qui la travaillent, ont leurs mots pour la Calea.

  • « Elle te montre ce qui ne va pas en toi », dit-on de la Calea chez les Chontal. Des rêveurs le décrivent aussi : une plante qui répond à la question posée, parfois sans ménagement.
  • Le curandero prépare l'infusion et un cigare de feuilles ; on les prend dans l'obscurité, et le rêve s'interprète au matin.
  • Thle-pela-kano se traduit aussi « la feuille qui éclaircit les sens ».
  • Les codex anciens ne la nomment pas, et les premiers écrits sur elle datent du XXe siècle ; son nom nahuatl témoigne pourtant d'une connaissance ancienne.

Que racontent les rêveurs qui ont essayé la Calea ?

Sur les 174 récits de nuit laissés par nos clients, 40 parlent de la Calea : 22 décrivent des rêves plus vifs, 10 un souvenir plus net, 6 un rêve lucide, et 5 n'ont rien remarqué (relevé de septembre 2026).

« insightful dreams, lots of colour and symbols, amazing dream recall. » — Emily
Des rêves éclairants, pleins de couleurs et de symboles, un souvenir étonnant.

Tous les récits, plante par plante : les récits de nos rêveurs.

Où trouver la Calea, et comment la reconnaître ?

INFUSE propose la Calea zacatechichi en feuilles entières de cueillette sauvage, venues de la région de Puebla, au Mexique, et en élixir. La plante se confond facilement avec des espèces voisines : une feuille entière, qu'on peut regarder et sentir, se vérifie mieux qu'une poudre. Vert-gris tirant sur l'olive, avec une odeur de foin amer légèrement camphrée, elle est bien conservée ; brune, jaune pâle ou sans odeur, elle a vieilli.

Elle entre aussi dans le Dream Elixir, aux côtés de la Bobinsana, de l'Uvuma, du lotus, du Yauhtli, du kanna et de la passiflore.

— Questions fréquentes —
La Calea zacatechichi est-elle légale en France ?

Oui, elle est en vente libre en France. Ailleurs, vérifiez la législation de votre pays avant de commander.

Peut-on fumer la Calea ?

Oui : la fumée est l'un des usages chontal décrits, avec l'infusion et les feuilles sous l'oreiller (Díaz, 1979). À la Maison, on la roule avec une base douce.

Combien de nuits avant de sentir quelque chose ?

Certains rêveurs racontent un effet dès la première nuit ; beaucoup le décrivent sur 3 à 5 nuits. Le carnet au réveil fait apparaître ce qui change.

La Calea fait-elle dormir ?

Dans l'étude de 1986, le sommeil léger et les éveils brefs augmentaient : elle allège le sommeil.

La Calea agit-elle en journée ?

Chez des volontaires éveillés, l'étude de 1986 a mesuré un temps de réaction plus long et une perception du temps modifiée. À la Maison, l'infusion et l'élixir se prennent le soir ; la Calea à fumer, « un délice à fumer, plante de clarté de jour comme de nuit », se roule à tout moment de la journée.

Pourquoi la Calea est-elle si amère ?

Son nom le dit : zacatechichi, l'herbe amère. Un peu de miel l'adoucit ; les gélules et l'élixir évitent le goût.

Sources

  • Mayagoitia L., Díaz J.L., Contreras C.M. (1986). Psychopharmacologic analysis of an alleged oneirogenic plant: Calea zacatechichi. Journal of Ethnopharmacology 18(3):229-243. PubMed 3821139
  • Díaz J.L. (1979). Ethnopharmacology and taxonomy of Mexican psychodysleptic plants. Journal of Psychedelic Drugs 11(1-2):71-101. doi:10.1080/02791072.1979.10472094
  • Martínez-Mota L. et al. (2021). Calea zacatechichi produces anxiolytic- and antidepressant-like effects, and increases the hippocampal activity during REM sleep in rodents. Journal of Ethnopharmacology 265:113316. doi:10.1016/j.jep.2020.113316
  • Sałaga M. et al. (2016). Neuropharmacological characterization of the oneirogenic Mexican plant Calea zacatechichi aqueous extract in mice. Metabolic Brain Disease 31(3):631-641. doi:10.1007/s11011-016-9794-1
  • González-Yáñez M.G.E. et al. (2019). Safety of aqueous extract of Calea ternifolia used in Mexican traditional medicine. Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine 2019:7478152. doi:10.1155/2019/7478152
  • Mossoba M.E. et al. (2016). Evaluation of « Dream Herb », Calea zacatechichi, for nephrotoxicity using human kidney proximal tubule cells. Journal of Toxicology 2016:9794570. doi:10.1155/2016/9794570
  • Garcia M.R. et al. (2025). Mexican calea interferes with cholinergic and dopaminergic pathways and causes neuroglial toxicity. Journal of Ethnopharmacology 337:118915. doi:10.1016/j.jep.2024.118915
  • Schultes R.E., Hofmann A. (1992). Plants of the Gods. Healing Arts Press.
  • Díaz J.L. (1977). Ethnopharmacology of sacred psychoactive plants used by the Indians of Mexico. Annual Review of Pharmacology and Toxicology 17:647-675. doi:10.1146/annurev.pa.17.040177.003243
  • Rätsch C. (2005). The Encyclopedia of Psychoactive Plants. Park Street Press.
  • Toro G., Thomas B. (2007). Drugs of the Dreaming: Oneirogens, Salvia divinorum and Other Dream-Enhancing Plants. Park Street Press.
  • Hirst M. (2005). Dreams and medicines: the perspective of Xhosa diviners and novices in the Eastern Cape, South Africa. Indo-Pacific Journal of Phenomenology 5(2):1-22. doi:10.1080/20797222.2005.11433901
  • Sobiecki J.F. (2008). A review of plants used in divination in southern Africa and their psychoactive effects. Southern African Humanities 20:333-351. sahumanities.org
  • Wikipédia, Calea ternifolia (nom accepté, synonymes, étymologie nahuatl). en.wikipedia.org

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