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Plantes à fumer : les alternatives au tabac, et comment les mélanger

Les plantes à fumer de la Maison classées en quatre familles (bases neutres, bases gustatives, compléments, résines), leurs traditions sourcées, nos recettes chiffrées et la vérité sur la fumée.

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La fumée comme prière, la fumée comme prison, la fumée comme retour. Ce qu'on porte aux poumons mérite plus qu'un automatisme.

⊹ La Voie des Plantes à Fumer · 1/14 · MargeWild Dagga (Leonotis leonurus) : histoire, tradition khoïsan et botanique du dachab →

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En bref. Un mélange à fumer sans tabac se compose de quatre familles : une base neutre qui remplace le tabac (molène, framboisier, Herbal Mix), 40 à 60 % ; des compléments chargés de tradition (lotus bleu, damiana, wild dagga, Calea), 20 à 40 % ; une plante de goût (lavande, rose), 10 à 20 % ; et, pour qui aime, une pointe de résine travaillée. Toute fumée, même de plantes, irrite et abîme les poumons.

Réservé aux adultes (18 ans et plus). En vente libre en France. Vérifiez la législation de votre pays.

Quelles plantes fumer à la place du tabac ?

Pour remplacer le tabac, on part d'une base neutre, on y ajoute un ou deux compléments, puis une plante de goût. Ces familles et ces proportions viennent de Tim, le fondateur de la Maison, qui publie aussi ses mélanges sur son site smokableherbs.earth. Certains compléments tiennent aussi la base : le lotus bleu, qui se fume même pur, la damiana, l'armoise, et le Yauhtli jusqu'à la moitié du mélange. Aucune des plantes de ce guide ne contient de tabac ni de nicotine.

FamilleCe qu'elle apportePlantes de la MaisonPart du mélange
Base neutreporte la fumée, remplace le tabacmolène, feuille de framboisier, Herbal Mix (avec sa guimauve)40 à 60 %
Base gustativedonne le goûtlavande, pétales de rose, camomille noble, menthe poivrée, lotus blanc10 à 20 %
Complémentle caractère, la tradition, des effets légerslotus bleu, damiana, armoise, wild dagga, Yauhtli, Calea, imphepho, kanna, Entada rheedii, étamines de lotus20 à 40 % ; Calea 10 à 20 % ; Yauhtli jusqu'à 50 % ; lotus bleu, damiana et armoise peuvent tenir la base
Résineune note dense, travaillée en poudrerésine de lotus bleu, de lotus blanc, de laitue sauvage, d'Entadaune petite part, autour de 5 à 10 %

Les bases neutres, pour remplacer le tabac

Une base neutre brûle régulièrement, porte la fumée et laisse le goût aux autres plantes. C'est elle qui remplace le tabac dans le mélange.

Herbal Mix, le mélange prêt à rouler

L'Herbal Mix est notre mélange doux et fleuri, prêt à rouler : guimauve, feuilles de framboisier, trèfle rouge, mélilot, menthe poivrée et fleurs de souci, finement coupés. Notre partenaire le prépare aux Pays-Bas, avec des herbes sourcées en Europe ; la guimauve, l'une des bases de Tim, y est déjà. Il se roule seul ou sert de base à toutes les plantes de ce guide. Certains le roulent aussi avec leur tabac habituel, à moitié-moitié ou à 30/70, pour en apprivoiser le goût ; la fumée porte alors la nicotine du tabac. Le mélilot contient de la coumarine : un usage modéré, et un avis médical sous traitement anticoagulant.

Feuille de framboisier (Rubus idaeus)

La feuille de framboisier est connue depuis l'Antiquité comme herbe des femmes, bue en tisane ; sa monographie du framboisier raconte cette histoire. À la fumée, elle donne une texture cotonneuse et un goût à peine fruité : une base neutre classique. C'est un usage d'aujourd'hui.

Molène (Verbascum thapsus)

La molène est arrivée d'Europe en Amérique du Nord, où plusieurs peuples l'ont adoptée : la base de données ethnobotanique de Moerman recense 18 usages fumés chez neuf peuples, dont les Iroquois, les Mohegan, les Penobscot, les Potawatomi, les Menominee et les Hopi. Les Menominee la fumaient comme un tabac (Smith 1923). Sa fumée a un goût fin, presque neutre. Les poils fins des feuilles gagnent à être tamisés. La monographie de la molène la présente en entier.

Tussilage (Tussilago farfara)

Le tussilage est la base à fumer historique de l'Europe : Dioscoride et Pline décrivaient déjà la fumée de ses feuilles séchées. INFUSE ne le vend plus. Il contient des alcaloïdes pyrrolizidiniques, dont la senkirkine, toxiques pour le foie ; l'Agence européenne du médicament le range parmi les plantes concernées (EMA, 2021), et l'effet de ces alcaloïdes par la fumée reste peu étudié. Nous le citons pour son histoire et laissons la place, dans nos mélanges, à la molène et au framboisier.

Houblon, barbe de maïs, noisetier, mûrier

D'autres plantes neutres se roulent, sans que nous les vendions. Le houblon (Humulus lupulus), connu pour la bière depuis le Moyen Âge, donne une fumée amère et herbacée : le fumer est un usage d'aujourd'hui. La barbe de maïs (Zea mays), séchée jusqu'à brunir, se roulait dans les campagnes nord-américaines quand le tabac manquait (Cape Gazette) ; les Navajo, les Tewa et les Kiowa, eux, roulaient leur tabac dans les spathes séchées de l'épi (base de Moerman). Les feuilles de noisetier (Corylus avellana) et de mûrier (Morus alba) donnent des bases douces ; des brevets coréens et chinois décrivent des cigarettes de feuilles de mûrier sans tabac.

Les bases gustatives, pour le goût

Une plante de goût entre pour 10 à 20 % et donne son parfum au mélange.

Lotus blanc (Nelumbo nucifera)

Le lotus blanc fumé est « doux et fleuri », dans les mots de Tim. Il se fume en base gustative ou en complément : pétales et étamines écrasés dans la main, mêlés au mélange ou saupoudrés par-dessus.

Notre lotus blanc est Nelumbo nucifera, le lotus sacré de l'Inde, dans sa forme blanche. C'est un vrai lotus, de la famille des Nelumbonaceae, une plante différente du lotus bleu, qui est un nénuphar. En sanskrit, le lotus blanc est le pundarika : le Sutra du Lotus, texte majeur du bouddhisme, porte son nom. Nos fleurs viennent des lacs du Sri Lanka. Le fumer est un usage d'aujourd'hui.

Ce qu'on en rapporte. À la Maison, on fume le lotus blanc pour sa douceur : un calme fleuri, une présence légère, un cœur qui s'ouvre. C'est subtil, et certains ne ressentent rien.

Rose, lavande, camomille noble, menthe poivrée

Les pétales de rose (Rosa damascena) écrasés dans la main donnent au mélange une note florale et sucrée ; sa monographie de la rose raconte la plante. La lavande (Lavandula angustifolia) a un parfum puissant : une petite part suffit, sa monographie de la lavande dit d'où elle vient. La camomille noble (Chamaemelum nobile) donne une fumée ronde et fruitée ; voir sa monographie de la camomille noble. La menthe poivrée, présente dans l'Herbal Mix, apporte sa fraîcheur. Ce sont des usages d'aujourd'hui, choisis pour leur goût.

Les compléments : goût et tradition

Un complément entre pour 20 à 40 % et apporte le caractère du mélange ; certains tiennent aussi la base. Nous les choisissons dans les traditions chamaniques chères à INFUSE, du Mexique à l'Afrique australe. Ces plantes sont merveilleuses à fumer pour leurs effets, légers et profonds à la fois. Nous les racontons tels qu'on les rapporte : la tradition, avec sa source ; les récits de nos clients ; notre propre usage à la Maison. Ce sont des effets subtils, qui varient d'une personne à l'autre, et certains ne ressentent rien.

Nos chiffres viennent de nos récits de rêveurs : 174 avis de clients qui racontent une nuit avec une plante, relus un par un, toutes préparations confondues, le plus souvent en infusion. Ce sont des témoignages, sans protocole ni groupe témoin.

Lotus bleu (Nymphaea nouchali)

Le lotus bleu se fume de trois façons chez nous : pur, fleurs émiettées seules ; en base, avec d'autres plantes autour ; ou en complément, pour 20 à 40 % du mélange. Son goût mêle des notes florales, terreuses et légèrement noisettées, avec une douceur subtile et une pointe d'amertume.

Le lotus bleu le plus vendu est communément appelé Nymphaea caerulea ; il s'agit en réalité de Nymphaea nouchali, un nénuphar d'Asie du Sud aux fleurs plus grandes et plus parfumées. Nos fleurs viennent des lacs du Sri Lanka, d'une petite entreprise familiale. Nous proposons aussi le lotus bleu authentique, plus rare.

L'Égypte ancienne le buvait et l'offrait : un vase de l'époque ptolémaïque en contenait, mêlé à d'autres plantes (Tanasi et al. 2024). Le fumer est un usage d'aujourd'hui, et nous le disons comme tel.

Ce qu'on en rapporte. À la Maison, on fume le lotus bleu pour sa détente douce, une rêverie légère et une sensualité tranquille : un effet subtil, profond sans être fort. Sur 25 récits de nuit de nos clients, 16 parlent de rêves changés, dont 7 de rêves plus vifs ; un n'a rien remarqué, et 6 avis courts disent de même (récits de rêveurs). Un client a rapporté un étourdissement après deux fleurs : peu suffit. Grossesse, allaitement, traitement sédatif ou antidépresseur : on s'abstient. Le lotus bleu est en vente libre en France ; vérifiez la législation de votre pays.

Calea (Calea ternifolia)

La Calea (longtemps nommée Calea zacatechichi) entre pour 10 à 20 % du mélange, émiettée très fin. Son amertume est franche ; en petite part, elle donne une note herbacée.

Les Chontal de Oaxaca, au Mexique, l'appellent thle-pela-kano, la feuille de Dieu. Ils en boivent l'infusion, en fument les feuilles séchées et les glissent sous l'oreiller avant de dormir (Díaz 1979) ; son nom nahuatl, zacatechichi, veut dire « herbe amère ». Notre guide des plantes à rêves raconte la Calea en détail.

Ce qu'on en rapporte. La tradition chontal y voit une plante qui porte des rêves chargés de messages (Díaz 1979). C'est la plante la plus racontée par nos clients : sur 40 récits, 31 parlent de rêves changés, 11 de rêves plus vifs, 11 d'un meilleur souvenir au réveil et 6 d'un rêve lucide ; 5 n'ont rien remarqué, et 5 avis courts disent de même (récits de rêveurs). À la Maison, on la fume en petite part pour un esprit plus lent, une rêverie légère qui se prolonge parfois jusque dans la nuit : subtil, profond sans être fort. Un client a décrit une bouche engourdie : peu suffit. Grossesse, allaitement : on s'abstient ; sous traitement sédatif ou psychotrope, un avis médical d'abord. Elle est en vente libre en France ; vérifiez la législation de votre pays.

Wild dagga (Leonotis)

D'après l'institut sud-africain de la biodiversité (SANBI), les Khoikhoi fumaient les feuilles et les fleurs séchées de Leonotis leonurus. Selon la forme, INFUSE vend Leonotis leonurus (extrait et résine) ou Leonotis nepetifolia (pétales orange) : la fiche wild dagga le précise. Ses pétales donnent une fumée douce, légèrement herbacée, pour 20 à 40 % du mélange.

Ce qu'on en rapporte. La tradition khoikhoi la fumait (SANBI). À la Maison, on la fume pour une détente douce, une chaleur légère dans le corps et un esprit plus calme, qui reste clair. Beaucoup la trouvent subtile ; certains ne ressentent rien. À forte dose, un extrait aqueux a provoqué des effets indésirables chez le rat (Maphosa et al. 2008). Grossesse et allaitement : on s'abstient ; prudence avec les médicaments contre la tension, les sédatifs, et en cas de diabète instable. Vérifiez la législation de votre pays.

Damiana (Turnera diffusa)

La damiana, plante de la médecine traditionnelle mexicaine, se boit surtout en tisane ; ses feuilles se fument aussi (UTEP, Herbal Safety). Goût chaud et légèrement sucré, pour 20 à 40 % du mélange, ou en base dans le mélange à deux de Tim. Sa monographie de la damiana raconte la plante.

Ce qu'on en rapporte. La tradition mexicaine lui prête une réputation de plante de la sensualité (UTEP, Herbal Safety). À la Maison, on la fume pour sa chaleur, une détente douce et une sensualité tranquille, légère, qui laisse l'esprit présent. L'effet reste subtil et varie selon chacun. Grossesse, désir de grossesse, allaitement : on s'abstient ; prudence sous antidépresseur et en cas de diabète.

Armoise (Artemisia vulgaris)

L'armoise donne un goût herbacé et amer. Tim la met en complément, ou en base dans son mélange des rêves. La base de Moerman ne lui connaît pas d'usage fumé ancien ; elle entre aujourd'hui dans les mélanges pour son goût, hors grossesse. Voir la monographie de l'armoise.

Ce qu'on en rapporte. Sur 8 récits de nuit de nos clients, 5 parlent de rêves changés, dont 4 de rêves plus vifs ; deux personnes ont cherché un rêve lucide sans l'atteindre (récits de rêveurs). À la Maison, on la fume pour son amertume et une rêverie légère.

Yauhtli, l'estragon mexicain (Tagetes lucida)

Le Yauhtli se met en complément, ou jusqu'à la moitié du mélange, avec n'importe quelle base. Son goût d'anis sucré, proche de la réglisse, se marie avec presque toutes les plantes à fumer.

Cette part généreuse a une histoire. Chez les Huichol (Wixárika) du Mexique, les ethnobotanistes Siegel, Collings et Díaz ont décrit en 1977 un mélange de Tagetes lucida fumé seul ou à parts égales avec un tabac sauvage, Nicotiana rustica. Plus loin dans le temps, des chercheurs ont retrouvé des résidus de Tagetes lucida mêlés à du tabac dans de petits flacons mayas enterrés au Yucatán il y a plus de mille ans (Zimmermann et al. 2021). Les Aztèques l'appelaient yauhtli. Nous le sourçons dans la région de Puebla, au Mexique, en récolte sauvage, en feuilles entières à émietter finement. Sa monographie du Yauhtli va plus loin.

Ce qu'on en rapporte. À la Maison, on le fume pour sa douceur et sa chaleur, un esprit plus clair, une présence partagée entre amis. Sur 12 récits de nuit, 8 parlent de rêves changés (récits de rêveurs) ; un client a eu des maux de ventre. Léger, et variable d'une personne à l'autre.

Imphepho (Helichrysum odoratissimum)

L'imphepho est l'encens d'Afrique australe. Dans un mélange, une petite part de ses feuilles argentées apporte son parfum. Le rouler est un usage d'aujourd'hui, né d'une longue tradition de fumée. Sa monographie de l'imphepho raconte la plante.

Ce qu'on en rapporte. Les Zoulous en brûlent les feuilles et les tiges pour appeler la bienveillance des ancêtres (Hutchings et al. 1996), et les devins zoulous en respirent la fumée dans leurs rituels (Sobiecki 2008). À la Maison, on l'aime pour le calme et la présence qu'il pose sur le mélange comme sur la pièce. Sur 12 récits de nuit, 7 parlent de rêves changés et 3 n'ont rien remarqué ; une personne a ressenti de la fatigue (récits de rêveurs). En cas d'asthme, on limite la fumée ; en cas d'allergie aux Astéracées, on s'abstient.

Kanna (Sceletium tortuosum)

La kanna est une plante grasse du Karoo, en Afrique du Sud. Les Khoikhoi et les San la préparaient fermentée sous le nom de kougoed, « chose à mâcher » en afrikaans ; elle se mâchait surtout, se buvait en infusion, se prisait, et se fumait aussi. Au XVIIIe siècle, le botaniste Thunberg notait déjà que les San la mâchaient puis la fumaient (Gericke et Viljoen 2008 ; Smith et al. 1996). Nos feuilles fermentées s'émiettent finement, en petite part, sur une base. Sa monographie de la kanna va plus loin.

Ce qu'on en rapporte. En 1914, deux pharmaciens qui l'étudiaient concluaient que les peuples du Karoo la prenaient pour le plaisir plus que comme remède (Hartwich et Zwicky 1914, cités par Gericke et Viljoen 2008). À la Maison, on la fume en petite part pour une chaleur douce, une ouverture du cœur, une présence tranquille : léger, profond sans être fort. La kanna agit sur la sérotonine : jamais avec un antidépresseur ni un traitement sérotoninergique, et un avis médical avant tout usage sous traitement. Grossesse, allaitement : on s'abstient. Vérifiez la législation de votre pays.

Entada rheedii, la graine en poudre

L'Entada rheedii est une grande graine de liane tropicale. Chez nous, on brise la coque, on moud finement la chair et on en saupoudre une petite quantité sur le mélange : trop la rend difficile à fumer, et la poudre dure longtemps.

Ce qu'on en rapporte. En Afrique du Sud, les devins utilisent la graine pour se souvenir des rêves, et un tabac fumé dans une pipe taillée dans la graine y est rapporté (Sobiecki 2008, d'après Van Wyk et Gericke 2000). Sur 11 récits de nuit de nos clients, 6 parlent de rêves changés et 4 n'ont rien remarqué sur leurs rêves (récits de rêveurs). À la Maison, on la saupoudre pour la rêverie qu'elle accompagne, subtile. La plante reste peu étudiée : modération, et on s'abstient pendant la grossesse, l'allaitement, et sous traitement sédatif ou antidépresseur sans avis médical.

Étamines de lotus

Les étamines pures de lotus rose (Nelumbo nucifera, la même espèce que le lotus blanc) se saupoudrent en pincée, en dernier, pour une note florale. Les fleurs de lotus bleu et de lotus blanc servent aussi de complément, en petite part, sur une autre base. Voir la monographie du lotus rose.

Les résines : une pâte à émietter

Nos résines sont des extraits concentrés, préparés à l'eau : la plante trempe, bout, est filtrée, puis l'eau s'évapore jusqu'à la pâte. Pour fumer, nous en proposons quatre : la résine de lotus bleu, la résine de lotus blanc, la résine de laitue sauvage et la résine d'Entada.

Pure, une résine est grasse et collante. On peut en rouler de fins serpents à poser dans le mélange, mais elle se répartit mal. Tim la travaille autrement : une petite part de résine malaxée avec une poudre, ou avec une plante très finement coupée, jusqu'à obtenir une texture sablonneuse qui s'émiette facilement. Cette pâte de résine à émietter se mêle ensuite au mélange, en petite part.

Le latex blanc de la laitue sauvage (Lactuca virosa) sèche en une résine brune, le lactucarium, qui figurait dans les pharmacopées européennes du XIXe siècle. Mangée fraîche en grande quantité, elle a provoqué des intoxications (Besharat et al. 2009) : une petite part, et de la modération. Vérifiez la législation de votre pays pour chacune de ces résines.

Les recettes de la Maison

Les quatre premières recettes sont celles de Tim, publiées sur son site smokableherbs.earth, en parts : une part peut être une cuillère, une pincée ou un gramme, tant que la mesure reste la même. Les deux dernières sont des suggestions de la Maison, construites sur ses règles. Une plante seule d'abord, quelques fois : c'est ainsi qu'on apprend sa saveur avant de la marier. Le lotus bleu se fume aussi pur.

Le mélange du soir

Molène 2 parts, damiana 1 part, lavande ½ part (environ 57 %, 29 % et 14 %). Pour commencer. La molène porte la fumée, la damiana apporte sa chaleur, la lavande son parfum. À la Maison, on le roule le soir pour une détente douce : c'est léger, et certains ne ressentent rien.

Le mélange des rêves

Armoise 2 parts, lotus bleu 1 part, feuille de framboisier 1 part (50 %, 25 % et 25 %). Pour qui connaît déjà les plantes. L'armoise et le lotus bleu sont deux plantes dont nos clients racontent des rêves plus vifs : 4 récits sur 8 pour l'armoise, 7 sur 25 pour le lotus bleu, toutes préparations confondues (récits de rêveurs). À la Maison, on le fume en fin de soirée, pour une rêverie légère, et jamais pendant la grossesse.

Le mélange à deux

Damiana 3 parts, pétales de rose 1 part, lotus bleu 1 part (60 %, 20 % et 20 %). Pour qui connaît déjà les plantes. La tradition mexicaine prête à la damiana une réputation de plante de la sensualité (UTEP, Herbal Safety) ; la rose et le lotus y ajoutent leurs fleurs. À la Maison, on le partage pour sa chaleur et une sensualité tranquille, subtile.

Le mélange de cérémonie

Lotus bleu 2 parts, wild dagga 1 part, molène 1 part (50 %, 25 % et 25 %). Pour qui connaît bien les plantes. Le lotus bleu tient la base, le wild dagga apporte sa chaleur, la molène porte la fumée. À la Maison, on le garde pour un cercle, un rituel, un moment de présence : profond sans être fort.

Suggestion de la Maison : l'anis et l'amer

Herbal Mix 50 %, Yauhtli 35 %, Calea 15 %. Construit sur les règles de Tim : une base neutre, le Yauhtli sous la moitié du mélange, la Calea entre 10 et 20 %. L'anis sucré du Yauhtli adoucit l'amertume de la Calea ; à la Maison, on le roule à tout moment de la journée, pour un esprit plus lent.

Suggestion de la Maison : la résine travaillée

Feuille de framboisier 50 %, lotus bleu 30 %, pétales de rose 10 %, pâte de résine de lotus bleu travaillée en poudre 10 %. La résine, émiettée en sable fin, donne au mélange une note dense de lotus.

Comment préparer, rouler et conserver un mélange ?

Les plantes se préparent sèches et finement émiettées : les fleurs de lotus et les feuilles de Calea s'écrasent dans la main, le Yauhtli se frotte entre les doigts pour libérer son parfum d'anis. On ôte les tiges dures, qui piquent et brûlent mal. On mélange dans un bol, puis on roule dans un papier fin, avec un filtre en carton si l'on veut. Une pipe convient aussi.

Une plante trop sèche brûle vite et chauffe ; trop humide, elle s'éteint. Le mélange se garde dans un bocal fermé, à l'abri de la lumière et de la chaleur. Les plantes aromatiques comme le Yauhtli perdent leur parfum avec le temps : mieux vaut préparer de petites quantités.

Quelles autres plantes peut-on fumer ?

D'autres plantes se fument, seules ou dans un mélange. En Amérique du Nord, deux d'entre elles ont une très longue histoire.

Busserole et cornouiller : le kinnikinnick

En Amérique du Nord, le kinnikinnick désigne les mélanges à fumer des peuples autochtones. La busserole (Arctostaphylos uva-ursi) en est la plante la plus citée : la base de Moerman recense 29 usages fumés, chez les Blackfoot, les Cheyenne, les Chippewa et d'autres, ses feuilles séchées fumées seules ou avec du tabac. L'écorce du cornouiller soyeux (Cornus sericea) y entrait aussi, avec 18 usages fumés recensés. Nous ne les vendons pas.

La Sagan Dalya a quitté cette liste : les sources la décrivent bue en infusion chez les Bouriates, jamais fumée.

Que contient la fumée de plantes ?

La fumée de plantes contient des goudrons, du monoxyde de carbone et des particules fines, comme celle du tabac ; elle ne contient pas de nicotine. Toute fumée, même de plantes, irrite et abîme les poumons.

Une revue de 2022 a comparé les cigarettes aux plantes et le tabac : elle les juge au moins aussi dangereuses (Abdel Rahman et al., ACS Omega). En 2026, une étude a mesuré dans la fumée de cigarettes aux plantes des particules fines plus concentrées que dans celle du tabac (Thakur et al., Journal of Hazardous Materials). L'institut néerlandais de santé publique Trimbos relève davantage de goudron et de monoxyde de carbone inhalés avec les cigarettes aux plantes. Nous fumons ces plantes pour leur goût et leur histoire, en petite quantité, de temps en temps.

Tabac Info Service répond au 39 89 à toute question sur le tabac.

Ces plantes sont-elles légales ?

Toutes les plantes vendues par INFUSE dans ce guide sont en vente libre en France. Leur statut change d'un pays à l'autre, surtout pour le lotus bleu, la Calea, la kanna, la laitue sauvage, l'Entada et le wild dagga : vérifiez la législation de votre pays avant de commander. Ces plantes sont réservées aux adultes (18 ans et plus).

Les plantes à fumer de la Maison

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Sources

  • Abdel Rahman R.T., Kamal N., Mediani A., Farag M.A. (2022). How Do Herbal Cigarettes Compare To Tobacco? ACS Omega 7:45797-45809. doi:10.1021/acsomega.2c04708
  • Thakur A.K. et al. (2026). Journal of Hazardous Materials. doi:10.1016/j.jhazmat.2026.142424
  • Trimbos-instituut, Kruidensigaret. trimbos.nl
  • Tabac Info Service, Remplacer le tabac par des plantes. tabac-info-service.fr
  • European Medicines Agency, HMPC (2021). Public statement on the use of herbal medicinal products containing toxic, unsaturated pyrrolizidine alkaloids (EMA/HMPC/893108/2011 Rev. 1). ema.europa.eu
  • Zimmermann M. et al. (2021). Metabolomics-based analysis of miniature flask contents identifies tobacco mixture use among the ancient Maya. Scientific Reports 11:1590. doi:10.1038/s41598-021-81158-y
  • Siegel R.K., Collings P.R., Díaz J.L. (1977). On the use of Tagetes lucida and Nicotiana rustica as a Huichol smoking mixture. Economic Botany 31:16-23. doi:10.1007/BF02860647
  • Díaz J.L. (1979). Journal of Psychedelic Drugs 11:71-101.
  • Tanasi D. et al. (2024). Scientific Reports 14:27891.
  • Gericke N., Viljoen A.M. (2008). Sceletium — A review update. Journal of Ethnopharmacology 119:653-663. doi:10.1016/j.jep.2008.07.043
  • Smith M.T., Crouch N.R., Gericke N., Hirst M. (1996). Journal of Ethnopharmacology 50:119-130. doi:10.1016/0378-8741(95)01342-3
  • Sobiecki J.F. (2008). Southern African Humanities 20:333-351.
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  • Hutchings A., Scott A.H., Lewis G., Cunningham A.B. (1996). Zulu Medicinal Plants: An Inventory. University of Natal Press.
  • Besharat S., Besharat M., Jabbari A. (2009). Wild lettuce (Lactuca virosa) toxicity. BMJ Case Reports. doi:10.1136/bcr.06.2008.0134
  • Moerman D.E. Native American Ethnobotany Database, Botanical Research Institute of Texas : molène fumée, busserole fumée, cornouiller fumé, maïs et fumée.
  • Smith H.H. (1923). Ethnobotany of the Menomini Indians. Bulletin of the Public Museum of the City of Milwaukee 4:1-174.
  • SANBI, PlantZAfrica : Leonotis leonurus. pza.sanbi.org
  • Maphosa V., Masika P.J., Adedapo A.A. (2008). Human & Experimental Toxicology 27:837-843.
  • University of Texas at El Paso, Herbal Safety : Damiana. utep.edu
  • Cape Gazette, Corn silk can actually be put to good use as a tea. capegazette.com
  • Brevets de cigarettes de feuilles de mûrier : KR100851254B1, CN100391376C. patents.google.com
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